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Exposition de Marc Kennes

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Vu d’en haut

Le peintre se libère des poncifs du Plat Pays pour prendre de l’altitude et pour considérer les paysages marins d’une certaine hauteur. Le champ de vision se creuse et s’élargit. D’une ligne horizontale, contenant les nuages, la mer défie le ciel, le repousse vers les limbes, à sa place, ne lui laissant plus qu’un tiers du panorama.

Philippe Pirotte : «Dans l’œuvre de Kennes le monde retrouve une dimension magique. Les paysages marins qu’il affectionne renforcent le sentiment du vide et du désir de l’infini. Il confère à ses peintures une dimension sacrée. Certaines d’entre elles, aux allures fantasmatiques, associent au climat océanique d’étranges figures volantes, sans destination, se mouvant en toute liberté. Une fois au-dessus de la mer l’homme prométhéen peut enfin se défaire de ses doutes.
D’autres œuvres tendent plutôt vers une forme de symbolisme : la mer, symbole de l’espace infini, du vide extrême, de la liberté».

Mais comment l’artiste flamand s’y prend-il pour trouver de tels angles de vue dans un pays si plat ?
Imaginez un échafaudage haut comme la tour de Babel que Brueghel a peinte au même endroit en 1563. Il le déplace selon le tableau qu’il projette de peindre et, subtilité extrême, il n’est pas contraint de le gravir à chaque fois jusque tout en haut. Sur quarante-cinq degrés, il choisit la position idoine qui lui permet au mieux d’embrasser le paysage à peindre, la mer en l’occurrence.  Et puis, il n’aime pas qu’on en parle, il connaît un moyen dont il use subrepticement pour vérifier points de vue et perspectives.